La Capoeira: Histoire d’un Art Martial déguisé en danse.

Si on vous dit « Ordem e progresso », vous répondrez sans aucune hésitation : Brésil ! C’est exactement là où vous emmène Cultus cette semaine, avec l’un des plus bels arts martiaux devenu aujourd’hui une danse de renommée mondiale: La Capoeira.

Déportés par les portugais en Brésil, esclavagés et séparés pour diminuer les risques de révoltes, les Africains s’entraînaient à lutter entre eux et déguisaient leurs arts martiaux sous forme de danse et de chants pour duper leur maître. Ainsi naît la Capoeira, un art martial fort et ancestral, exprimant la rébellion contre la société esclavagiste, mélangeant lutte, danse et acrobatie. Mais alors quelle est l’étymologie du mot « Capoeira » ?
Il est vrai que son origine reste tout de même assez floue et plusieurs théories ont été émises à ce sujet. Cependant, les historiens ont communément admis que la Capoeira tire son nom de la langue portuguaise pour désigner la clairière ; endroit où se retrouvaient les esclaves pour s’entraîner au combat.
Gagnant de plus en plus de terrain, la Capoeira a survécu jusqu’à l’indépendance du Brésil en 1822 et l’abolition de l’esclavage en 1888. Toutefois, celle ci reste mal vue par l’autorité qui la considère comme malsaine. En effet, cette discipline a pris un tournant dangereux car brigands et bandits de tout genre, réunis en bandes rivales appelés « maltas de capoeira », l’employaient dans la rue régulièrement pour régler leurs comptes dans des affrontements sanglants. Par conséquent, le gouvernement Brésilien va interdire le mouvement de la Capoeira la qualifiant de délit : quiconque était donc surpris à la pratiquer était emprisonné et pouvait être envoyé aux travaux forcés. Ainsi, la capoeira deviendra de plus en plus confidentielle et clandestine, les capoeristes étaient donc inconnus et le choix de leurs instruments se porta sur des instruments facilement dissimulables.

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Au début du xxe siècle, la Capoeira, soutenue par de nombreux artistes, penseurs et hommes publics brésiliens, devient plus acceptable et réussit à gagner le respect des autorités brésiliennes. Et ce, spécialement suite à l’apparition de la première école de capoeira « Centro de Cultura Fisica e Capoeira Regional », fondée par Manuel dos Reis Machado plus connu comme Mestre Bimba. Grâce au mythique « Mestre » Bimba, elle devient une discipline à l’image des arts martiaux asiatiques. Festif et doté de grâce, l’art de la capoeira caractérise, aujourd’hui, à l’instar du football et de la samba, le Brésil d’un point de vue culturel et sportif.

Pour mieux comprendre cet esprit, il est impératif d’avoir une vue général sur les caractéristiques de cet Art. La capoeira se caractérise tout d’abord par la Roda (la ronde) qui est le cercle que forment les capoeiristes lors des confrontations qui sont appelées jogos (jeux). Au centre de la Roda se trouvent deux joueurs de capoeira entourés par les autres membres qui chantent et jouent de leurs instruments traditionnels notamment le berimbau (en forme d’arc), le pandeiro (un tambourin), l’atabaque (sorte de petit tam-tam) et l’agogo. Grâce à la Roda, une ambiance chaleureuse et familiale se crée, donnant une certaine énergie plus focalisée aux capoeiristes qui se confrontent au centre. Ensuite, lorsque la Roda est formée, les deux Capoeristes s’accroupissent au pied du Berimbau et entrent alors en action les autres instruments dans un ordre bien précis. Puis, un capoeiriste commence à chanter seul les couplets et la ronde entière reprend les refrains en chœur. Et c’est uniquement lorsque la roda chante le premier refrain que les deux capoeiristes accroupis peuvent commencer le jeu et à chaque fois qu’un capoeiriste sort ou entre dans le cercle, il doit faire « le respect », un salut qui fait partie des règles de base de la discipline.

Aujourd’hui, la Capoeira est le deuxième sport national du Brésil, après le football. D’autant plus que sa pratique s’étend désormais à l’ensemble du monde où elle créé l’effet de mode. Et cette mode gagne tous les âges, tous les sexes et toutes les races. Elle demeure la meilleure expression du métissage culturel dont le Brésil peut être fier.

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Fatma Yasmine Benzakour

Fatma est pleine d’énergie et de bonne volonté. Elle développe sa passion pour l’art en s’imprégnant de son environnement, tout en tirant son inspiration de sa mère et sa grande sœur. Elle aime écrire et partager ses idées sur le monde artistique, et sa vision fraîche sur ce dernier lui donne un timbre très spécial. Fatma est une timide mais chanter pour elle est comme sortir de cette étiquette pour mettre à nu son for intérieur.

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