Oasis Festival, la 2ème édition : Review

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L’OASIS Festival est autant un challenge pour ses organisateurs qu’un miracle pour les locaux. Par définition, un Oasis, plus qu’une hymne au farniente, est une « zone fertile dans une étendue de terrains arides ». Une contextualisation s’impose : Culturellement, le Maroc est un pays animé plus par la passion de ses citoyens que par ses infrastructures. J’entends par là que, malgré l’expansion évidente de la culture musicale électronique au Maroc, l’Oasis reste une première. La scène marocaine est existante – ce qui est déjà une étape en soi – mais toujours larvaire et non-éduquée malgré son enthousiasme, et-ce non pas à cause du manque d’intérêt des marocains mais surtout à cause du manque quasi-absolu d’évènements et d’exposition des scènes internationales. Nous ne disposons malheureusement ni d’un Fabric ni d’un Dimensions mais la seconde édition de l’Oasis Festival nous emplit les yeux de fierté et d’espoir pour un pays peu desservi mais pourtant méritant et plein de potentiel.

Il y a deux ans, l’idée d’un festival de musique électronique au Maroc, proposant des actes tels que Jeff Mills, Objekt ou Motor City Drum Ensemble relevait plus de la fantaisie que du concret. Et pourtant, pendant trois jours et trois nuits, le Maroc a enfin eu droit à une vraie démonstration de comment les choses se passent de l’autre côté de la Méditerranée, en mettant deux scènes dans un même complexe hôtelier à la disposition d’une quarantaine d’artistes accompagnés d’un bastion de Funktion One, le tout sous le soleil de Marrakech.

The Source a porté ses plus belles couleurs pour accueillir plus de 4000 spectateurs venant d’une trentaine de pays différents. Esthétiquement similaire au Fellah, site de la première édition du festival en 2015, l’hôtel s’est gorgé d’attractions, toutes embellies par une réelle attention au détail. L’Oasis s’est étalé sur deux scènes, chacune proposant une ambiance et une expérience différente. La Desert Oasis, un peu plus grande que la Arena Stage, fait trôner le DJ Booth en face d’une piscine décorée de gonflables. Souvent pleine, elle a accueilli une bonne partie des artistes les plus attendus tels que Jeff Mills, Derrick May ou Dixon. L’Arène, plus intime, est un amphithéâtre miniature décoré de cactus et de LEDs, entouré de marches et parsemé de fumée où beaucoup des actes les plus aventureux tels que Objekt, Prins Thomas ou Red Rack’em se sont produits. Cependant, le festival ne s’est pas déroulé que sur le dancefloor : des pauses entre les sets permettent d’admirer les attractions telles que le Souk, The Magic Carpet ou les différents food courts, tous en balance avec le thème Marocain et le côté international. Trois jours sufffisent à peine à faire le tour de tout ce que propose l’Oasis, qu’il s’agisse du Yoga, d’un saut à la piscine, d’une partie de billard ou d’une visite au Souk. The Source semble presque avoir été conçu pour satisfaire tous les besoins de ce festival. Si pour certains, le mot festival est synonyme de boue, d’inconfort et de musique non-stop (ce qui peut souvent être une plaisante expérience), rappelez-vous que ce festival s’appelle « Oasis » et ce mot idyllique se veut synonyme de soleil, propreté et bonnes vibes.

Cette année, l’Oasis a relevé le pari de proposer une programmation plus éclectique et ambitieuse qu’en 2015. La première édition a accueilli des légendes telles que DJ Harvey ou Carl Craig, mais s’est surtout cantonnée à un spectrum allant de la tech-house à la disco. Ce qui n’était pas mauvais pour un pays encore quasi-vierge de ces sonorités! Le line-up de cette édition nouvelle est pertinent, varié et balancé et c’est vraiment ce dont le Maroc a besoin. Tant que les graines sont plantées et que la scène commence à se développer, il est essentiel de familiariser le public aux différentes formes de la musique électronique et au concept de DJing. C’est dans cette optique que beaucoup de talentueux grands noms tels que Dixon, Tale Of Us ou David August ont partagé leurs scènes avec Objekt, Hunee ou The Black Madonna. La programmation transpire d’un effort véritable, accueillant une bonne partie de DJs au féminin telles que Steffi, Helena Hauff ou Jennifer Cardini tout en proposant des lives tels que Lindstrøm, Omar Souleyman ou Mathew Jonson.

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