Sister Rosetta Tharpe, les voix du seigneur sont impénétrables.

Vous trémousser sur des chants religieux au son des clapotis d’une audience en transe en quête d’éther spirituel, sous des airs de jam ? Non, vous n’êtes pas entrain d’entamer un article sur les rituels sectaires, loin de là.
Prêcheuse de bonne foi, prêcheuse à grande voix, Rosetta Tharpe est loin de se cantonner aux aprioris de son enveloppe corporelle de son époque.

Noire, femme et sœur d’église
Tout autant d’attributs qui incitent à la discrétion dans les années 30, dans une Amérique où la ségrégation fait toujours rage. Contre toutes attentes, Rosetta Tharpe s’affirme avec force et charisme, un cran au-dessus des standards musicaux de son époque.
Mariant gospel et blues Afro-américain, Rosetta Tharpe balaie le joug de la doxa raciale d’un coup de revers de guitare, instrument de prédilection qui fait sa gloire et son groove authentiques.

En 1938, Rosetta, nativement Nubin, divorce de son mari le pasteur Thomas Tharpe, après 4 ans de mariage, et s’installe à New York avec sa mère pour débuter sa carrière de chanteuse. Elle gardera toutefois le nom de son ex-mari sur scène, jusqu’à la fin de ses jours.

L’attente ne fit pas long feu. En effet, la même année, Rosetta Tharpe signe son premier contrat musical avec Reminder après l’enregistrement de quatre de ses morceaux chez Decca Records : Rock Me, That’s All, My Man and I et The Lonesome Road.

Dès lors, c’est l’apothéose. Rosetta devient la première chanteuse de gospel à avoir un succès commercial.

Sœur, mais pas none pour autant
Rosetta Tharpe enfanta quelques grands noms de la musique ; en effet, Elvis Presley, Chuck Berry ou encore Johnny Cash ont tous puisé leur source d’inspiration musicale du sein maternel de celle que l’on surnomme désormais The Godmother of Rock’n’Roll.

De Carnegie Hall, au Cotton Club de Harlem, Rosetta enchaîne les apparitions et les singularités. En effet, il n’était pas très commun d’entendre des chants de gospels nuancés à la sauce Blues, et agrémentés de touches de Jazz. Mais surtout, ce qui intriguait l’audience de façon irréversible, c’est que toute cette expérience unique de confluence se faisait lors de soirées spectacles, ou dans des nightclubs.

Cerise sur le gâteau, le tout étant orchestré par une femme à la peau aussi colorée que les joutes musicales qu’elle adresse à ses détracteurs. En effet, une grande partie conservatrice de son public lui tourna le dos, car la baroquerie n’est pas au goût de tous.

Un passé qui ne saurait se surpasser
Toujours en quête de renouvellement constant, Rosetta enregistre en 1953 un album exclusivement blues avec la chanteuse de gospel Marie Knight, avec qui elle avait précédemment enregistré des airs de gospels traditionnels en 1947.
Cependant, le concept ne pris pas. A partir de ce moment là, le succès de Rosetta signe son déclin.
En 1973, Rosetta Tharpe décède à l’âge de 58 ans, nous léguant bénédiction, bonne humeur et Rock’n’Roll…bien loin de l’adage conventionnel.

https://youtu.be/SR2gR6SZC2M

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Zineb Ajaraâm
Zineb Ajaraâm

Dans le Starter pack de Zineb on retrouverait, des bouquins, des Vinyles de Jazz, des lunettes de soleil (obligé) et énormément d’amour pour tout ce qui est artistique. Un amour dont témoignent ses articles d’analyse ou ses Diapatunes qu’elle choisit avec grand soin. Dotée d’une belle plume et d’une grande maitrise du monde de la communication et du digital, elle n’hésite jamais à proposer des idées créatives pour mettre en avant le travail de l’équipe de rédaction.

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