REVIEW: Atlas Electronic ouvre avec succès le bal.

Cet été s’est tenue la seconde édition de l’Atlas Festival à Marrakech, ouvrant le bal 2017 des nouveaux festivals internationaux de musique électronique au Maroc. Depuis la première édition de l’Oasis Festival en 2015, le Maroc bénéficie d’un traitement de faveur au niveau de la scène électronique qui croît de jour en jour, et l’Atlas ne fait pas exception avec son line-up créatif, son lieu de rêve et une ambiance particulière.
Atlas Electronic - 2nd Edition
Credit photo ©Tim Buiting
Le festival s’est déroulé sur quatre jours, du jeudi 24 août au dimanche 27 Août 2017. Le programme de jeudi faisait plus office de mise-en-bouche pour les festivaliers et de test pour les organisateurs, mettant en avant des sonorités orientales dont beaucoup de rythmes traditionnels marocains. On se rappellera des performances de fusion orientale/électronique de Boddhi Satva, ou de Philou Louzoulo, accompagnés de groupes Gnaoua, tels que le groupe Bana ou le Maalem Hamam. Le jeudi a permis à l’audience majoritairement étrangère de se familiariser à la musique traditionnelle ainsi qu’avec le festival, qui n’a ouvert qu’une scène ce jour-ci. Fatima Yamaha, le premier grand évènement de l’Atlas, s’est retrouvé handicapé par des problèmes de sonorisation qui ont gâté un liveset qui aurait pu mettre plus de feu que prévu pour ce concert introductif. Ajoutons-y une pluie imprévue et un Habibi Funk bouche-trou (avec cinq sets)…on comprend que certains soient restés sur leur faim!

Malgré la frugalité du jeudi, il était clair, dès le lendemain, que le festival allait être un succès. Basé dans un hôtel plus que plaisant, le festival comporte trois scènes, toutes aussi attrayantes les unes que les autres. Nous avions le choix entre le Pool Stage qui a accueilli des artistes tels que Tama Sumo, San Soda ou Bicep ; l’Amphi Stage, une arène entièrement tapissée de rouge, où se produisirent la majorité des grands noms du festival comme Ben UFO ou Floating Points, et le stage de la Red Light Radio situé en rooftop et constamment streamé en live sur ladite radio, où on a pu voir Awesome Tapes From Africa et Shanti Celeste. L’une des meilleures surprises demandait au public de vagabonder dans le Art Village, afin de tomber par hasard sur une petite pièce tamisée et confortable, accueillant à chaud une trentaine de personnes : l’Ambient Room. Elle accueillait une programmation plutôt décalée, avec du mixage moins académique. On a pu y entendre de l’Ambient mais aussi de la Jungle, de l’IDM et de l’Ambient Techno, selon les DJs qui s’installaient tous à même le sol. Un plus indéniable du festival est que plusieurs artistes ont joué deux fois, dans différentes scènes.
Musicalement, on se rappellera beaucoup du closing de vendredi de Ben UFO qui a dominé l’amphithéâtre avec son mixage dynamique et sa sélection téméraire, offrant au Maroc un rarissime DJ Set passant de la Dubstep à la Techno, à l’UK Garage sans levier de frein. Vakula a tenu la foule en haleine Samedi, avec deux heures de Techno rythmique et caverneuse. Saoirse et Shanti Celeste ont elles alterné entre Deep House et UK Garage, deux genres qui se marient finement. Tama Sumo et Bambounou ont contrôlé la piscine le samedi proposant quatre heures de Techno et de House, avec pour objectif précis : faire danser le public…un succès!

L’Atlas n’a pas été avare envers la scène électronique marocaine, en présentant des DJs marocains quotidiennement sur plusieurs scènes. Driss Bennis et Kosh ont représenté fièrement le récent label Casa Voyager. Le festival a aussi vu passer M.A.O.U., Yasmean ou encore, Sophia Moulay.

Plus que la musique, ce qu’on se remémore le plus une fois rentrés chez nous est l’atmosphère chaleureuse constante des festivaliers et de l’équipe. L’une des forces de l’Atlas est que c’est un festival qui sait ce qu’il est et comment il veut être : il y a des festivals où le public vient se défouler pendant des marathons de plusieurs jours (qui ont aussi leur charme), et l’Atlas où les gens dansent, se posent, échangent, discutent et sont globalement tous contents de participer à cette expérience. Atlas Electronic limite ses places et-ce, non pas par élitisme, mais pour garder une ambiance personnelle, toutefois collective. Un hôtel éco-friendly tout en étant luxueux, une programmation ambitieuse et variée, un public investi et chaleureux : une formule pleine de succès pour un festival qui a déjà confirmé sa 3e édition en 2018.

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